Ces amitiés qui naissent lors d'une expatriation.

Dernière mise à jour : 15 sept.


D'abord un petit état des lieux de la vie sociale des expatriés.

Les études réalisées par Femmexpat en 2013 et 2019 montrent que 40% des expatriés sont satisfaits de leur vie sociale voire très satisfait pour 1/5. Mais pour 12% d'entre eux l'intégration est difficile. En cause la solitude qui touche de façon très différente selon le sexe et les conditions d'expatriation.


C'est par le biais de l'école (pour plus de la moitié des personnes interrogées) suivie du voisinage, des collègues et des associations d'accueil que la vie sociale à l'étranger se construit. Ces études indiquent aussi seuls 10% des expatriés ont surtout des copains locaux et que la majorité reste entre compatriotes.



Qu'est - ce qui rend ces amitiés spéciales ?

Au fur et à mesure du temps passé dans un pays, on construit des relations qui vont au delà de l'amitié, qui s'apparentent pour beaucoup à une seconde famille.

Elles deviennent les personnes vers qui on s'épanche quand on en a gros le cœur. Ce sont des personnes sur qui on peut compter de jour comme de nuit. L'entraide et la solidarité sont immédiates. Ces personnes comprennent parfaitement nos montagnes russes émotionnelles, nos passages à vide. On peut être très différent.es et dans notre vie d'avant nous ne serions jamais devenus ami.e.s ; là en expatriation nous avons déjà un grand point commun : le déracinement et ses corollaires.

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Lorsque l'on vit à l'étranger on connait tous et toutes plusieurs prises de conscience sur nous mêmes, sur nos familles restées dans nos pays d'origines. On se rend alors compte que grâce à l'expatriation nous sommes devenu.e.s :

  • plus ouvert.e

  • plus conscient.e des différences

  • plus apte à se sociabiliser avec des personnes différentes


Alors est -ce facile de se faire des amis quand on est en expatriation ?

De ces rencontre à l'étranger naissent parfois des amitiés pour la vie, qui malgré les séparations continueront où que les membres de cette famille choisis de vivre sur le globe.


Et oui, car il existe malheureusement des périodes régulières où on dit au revoir à des ami.e.s, alors que nous restons.

Je connais bien ces sentiments qui chamboulent en particulier en juin, début juillet et qui est devenue "notre saison des Farewell Party". Même si on sait depuis le départ que les expatriations ne durent jamais éternellement, qu'elles durent en moyenne 3 à 5 ans ; il arrive toujours ce sentiment où on se retrouve seul.e, perdu.e dans un quotidien. Alors que nos ami.e.s organisent leur départ et leur nouvelle vie.


C'est ce qui m'est arrivé. Mes premières amitiés en Allemagne sont nées lors de cours de langues pris ensemble. Certaines avaient déjà un ou plusieurs enfants et nous avions toutes en commun d'être "une bille" dans la langue de Goethe. Puis, une, deux, trois ... sont parties vers d'autres contrées et de ce groupe initial nous ne sommes plus que 2.


A la suite de quoi j'avais décidé de ne fréquenter que des locaux ou des compatriotes avec un contrat local. Je me rassurais en pensant qu'ils n'étaient donc pas censés partir de si tôt. J'avais voulu fermer pour moi et ma famille les portes de la souffrance liées à chaque séparation. Car il m'est arrivé bien souvent de pleurer, de me refermer dans mon cocon strictement familial. Avec le recul, je comprend que ce sont des temps pour accepter, pour souffler et c'est tout à fait normal, c'est humain.


Or comme vous l'imaginez, il est impossible de tenir cette posture car la vie est jalonnée de surprises et de rencontres (que ce soit d'ailleurs en expatriation ou pas).


"On ne sait pas où le vent nous mène. Le vent nous portera"

Donc au fil du temps j'ai changé de regards sur ces amitiés nées pendant une expatriation.


Certes, je m'attache moins et je veille de rappeler régulièrement à mes enfants le risque de devoir dire au revoir à leurs amis. (amitié et enfance fera l'objet d'un autre article). Et en même temps chaque année j'ai de plus en plus de plaisir et de joie à participer ou à organiser des fêtes de départ pour mes ami.e.s à qui je dis au revoir.

D'ailleurs au fil du temps, je m'aperçois que cela fait partie de la vie car ce ne sont pas seulement mes amies expatriées qui partent mais aussi mes amies "locales". Au bout du compte ce sont des amies. Pourquoi leur donner un attribut particulier ?


Si ce sont de vraies amitiés, peu importe où on vit. L'amitié restera et se construira au delà des kilomètres. On projette donc des retrouvailles, on programme régulièrement des rendez-vous Skype, on garde contact aussi souvent que possible. C'est ainsi devenu pour nous de belles occasions de découvrir d'autres pays en rendant visite à nos ami.e.s.


Une des plus grande force de ceux et celles qui connaissent la mobilité géographique est cette adaptabilité, cette énergie en soi pour aller de l'avant.


Je vous invite donc à continuer à avoir des projets dans les différents aspects de votre vie et à faire de nouvelles rencontres car les amitiés nous font grandir.


Et vous quelles sont vos expériences en matière d'amitiés et d'expatriation ?

N'hésitez pas à laisser un commentaire ou à participer à un café coaching pour discuter entre expatriés des sujets qui vous tiennent à cœur.




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